
Les rites et cérémonies équestres:
Peindre, danser, guérir
La relation des peuples autochtones des Plaines avec le cheval ne se limitait pas au quotidien — à la chasse, à la monte, à l'observation. Elle traversait l'ensemble de la vie rituelle et spirituelle. Naissances, rites de passage, guerres, deuils, guérisons, célébrations : le cheval était présent à chacun de ces moments, non comme accessoire, mais comme acteur à part entière du monde sacré.
Cet article explore cette vie rituelle équestre dans toute sa densité — de la peinture de guerre aux sociétés guerrières, des cérémonies de guérison à l'art cérémoniel, du don de chevaux aux rites de passage.
La peinture de guerre — une prière peinte sur un corps vivant
Nous avons évoqué dans un précédent article la peinture de guerre comme acte spirituel. Il est temps d'en explorer la profondeur complète.
Avant toute bataille ou chasse importante, le cheval était peint selon un protocole précis, souvent officié par un homme-médecine (wičháša wakȟáŋ). Ce n'était pas une décoration — c'était une invocation. Chaque couleur, chaque symbole, portait une signification précise et transmettait une intention au monde des esprits.
Les couleurs et leur signification :
Le rouge — tiré des oxydes de fer, des argiles rouges, des écorces et des baies — symbolisait la force en combat, la puissance, le succès dans la chasse.
Le jaune — produit avec la bile de bison sur les Plaines, ou à partir d'argiles jaunes et de fleurs — exprimait la volonté de combattre jusqu'à la mort, mais aussi l'intelligence et la vigueur du cœur.
Le vert — tiré de la mousse, des fleurs, des baies, des algues ou du minerai de cuivre — était la couleur de la nature, de l'harmonie et de la guérison.
Le bleu — obtenu à partir de fiente de canard séchée, d'argiles bleues, de graines de tournesol ou d'oxydes — évoquait le ciel et l'eau : sagesse, confiance, espoir.
Le violet — tiré des myrtilles, des rudbeckies et de l'hibiscus sauvage — était associé à la magie et au mystère, réservé aux chamans et hommes-médecine pour les cérémonies spirituelles — jamais utilisé pour le combat ordinaire.
Le noir — obtenu à partir de charbon de bois ou de terre noire, mêlés à de la graisse d'ours — était la couleur de la victoire et de la puissance au combat : un guerrier qui avait tué un ennemi rentrait au camp le cheval et le visage peints en noir, proclamant publiquement son fait d'armes.
Le blanc — tiré des argiles blanches et des coquilles d'œufs broyées — portait la double signification du deuil et du monde des esprits : pureté, passage, communication avec les morts.
Les symboles et leur signification :
Les zigzags reproduisaient la foudre des Wakíŋyaŋ (Êtres du Tonnerre), invoquant leur vitesse et leur puissance sur le cheval.
Les cercles autour des yeux ou des naseaux renforçaient spirituellement les sens de l'animal pour la bataille.
Les empreintes de sabots peintes sur le flanc comptabilisaient les raids victorieux du guerrier.
La main imprimée signalait un combat mené à bout portant avec succès.
Les deux barres croisées indiquaient que le cavalier avait survécu à une embuscade.
Des bandes rouges sur le visage du cheval proclamaient la défaite d'un village ennemi.
La patte d'ours invoquait la force et le courage de l'animal — le cœur d'un guerrier aussi puissant qu'un ours.
Les points de grêle constituaient une prière offensive — appeler le malheur sur l'ennemi comme les grêlons s'abattent sur la terre.
Les pointes de flèche peintes sur les sabots rendaient le cheval rapide et agile, lui conférant la précision et la vitesse du projectile.
Les flèches de feu étaient destinées à porter trouble et destruction chez l'ennemi, ajoutant leur puissance à celle du guerrier.
Enfin, le symbole le plus élevé de tous :
la Pat Hand Print — la main gauche dessinée sur la hanche droite du cheval — était réservée au cheval qui avait ramené son cavalier indemne d'une mission particulièrement périlleuse. C'était l'honneur suprême, accordé non au guerrier, mais à sa monture.
Un Teton Sioux du nom de Brave Buffalo résumait la philosophie sous-jacente : « Si un Indien souhaite obtenir quelque chose, il promet à son cheval que s'il l'aide, il le peindra avec de la teinture naturelle afin que tous puissent voir que l'aide lui est venue par le biais de son cheval. » Peindre le cheval, c'était sceller un pacte. Une promesse entre le guerrier, l'animal et le monde des esprits.
Les sociétés guerrières du cheval
Les nations des Plaines avaient développé des sociétés guerrières — des organisations masculines structurant la vie militaire, sociale et spirituelle de la communauté. Parmi les Lakotas, ces sociétés étaient nombreuses et hiérarchisées : Kit Fox (Tȟokȟála), Brave Hearts (Čhante T'inza), Omaha, Bone Keeper, et d'autres encore. Chacune possédait ses propres rituels, insignes, obligations et cérémonies.
Parmi toutes ces sociétés, l'une mérite une attention particulière pour son lien direct avec le cheval : la Sunk'ska Akan'yanka — la Société des Cavaliers du Cheval Blanc.
Fondée à la fin des années 1860 par Brings Three White Horses et son frère Red Fish de la branche Brule des Sioux, cette société regroupait des guerriers vétérans — des hommes qui avaient accumulé suffisamment de hauts faits pour les afficher publiquement. La robe blanche de leurs chevaux constituait une toile idéale pour y peindre leurs exploits de guerre, visibles de loin par l'ennemi comme par les alliés. Le cheval blanc était littéralement un livre d'honneur vivant : une main rouge signifiait un ennemi tué, une empreinte de sabot un cheval capturé.
Les membres défilaient lors des grandes occasions, leurs chevaux ornés de perles et de broderies de piquants de porc-épic. En retour, les témoins du défilé chantaient pour eux des chants d'honneur. Crazy Horse, Red Cloud et Sitting Bull comptèrent parmi leurs membres.
Chez les Cheyennes, la société guerrière la plus redoutée des Plaines — les Hotamitaneo ou Dog Soldiers — entretenait elle aussi un lien rituel intense avec le cheval. Avant chaque bataille, les Dog Soldiers peignaient leurs chevaux autant qu'eux-mêmes. Quatre guerriers d'élite portaient en combat une dog rope — une longue sangle de peau brute ornée de piquants de porc-épic et de plumes — qu'ils plantaient dans le sol au moyen d'une cheville à piquet, la même cheville utilisée pour attacher les chevaux au campement. Ce geste signifiait qu'ils combattraient à cet endroit jusqu'à la mort, sans reculer d'un pas. Leur cérémonie rituelle comptait quatre cents chants et se déroulait sur quatre jours. Le cheval était leur compagnon de ce serment ultime — peint, chanté, et engagé avec eux dans l'acte sacré du combat.
La culture équestre cheyenne ne se limitait pas aux sociétés guerrières masculines. Le 17 juin 1876, à la bataille de la Rosebud, une femme cheyenne entra dans l'histoire : Buffalo Calf Road Woman — aussi connue sous le nom de Brave Woman (Muts'i-mi-u-na dans sa langue). Son frère, le chef Comes In Sight, venait d'avoir son cheval abattu sous lui et se retrouvait exposé au feu ennemi. Elle chargea seule à cheval au cœur de la bataille, le sauva, et l'emporta sur sa monture. Sa bravoure galvanisa les guerriers cheyennes qui reprirent le combat et remportèrent la victoire. Huit jours plus tard, elle combattit de nouveau à Little Bighorn aux côtés de son mari. Depuis lors, les Cheyennes commémorent la bataille de la Rosebud sous le nom de « Là où la fille sauva son frère » — un nom qui honore non pas un chef, mais une cavalière.
Le Musée national des Amérindiens (Smithsonian) documente également le rôle du cheval dans les bâtons de danse (dance sticks) et les bâtons de coup (coup sticks) des sociétés guerrières. Un bâton de coup des Piikuni (Pieds-Noirs), conservé au NMAI, porte des représentations de chevaux en peau brute — chaque cheval représentant une monture du guerrier en combat. Un bâton de danse hunkpapa lakota (vers 1899), orné de plumes d'aigle, de clochettes en laiton, de pigments et de crin de cheval, représente un cheval bien-aimé commémoré lors de chaque danse cérémonielle. Ce geste de mémoire — honorer un cheval précis par un objet rituel — traversait toute la culture équestre des Plaines.
Le cheval dans les cérémonies de vie
Le cheval n'était pas seulement présent dans la guerre — il traversait l'ensemble du cycle de la vie des nations des Plaines.
Chez les Oglalas Lakotas, une cérémonie de passage impliquait de percer les oreilles des jeunes garçons et filles avec des boucles faites de crin de cheval, selon le témoignage de Loretta Afraid of Bear-Cook, aînée oglala, gardienne culturelle et membre du conseil directeur du Sacred Way Sanctuary. Ce geste ancrait l'enfant dans l'alliance avec la Nation du Cheval dès ses premières années de vie.
Le don de chevaux (giveaway) était la forme la plus haute de générosité dans la culture lakota. Lors des cérémonies de nomination, de guérison ou de deuil, offrir un cheval — et surtout un cheval de valeur — était l'acte de générosité le plus honorable qu'un homme puisse accomplir. Le NMAI documente un masque de cheval lakota en perles (vers 1904) dont l'artisanat était conçu pour être offert lors d'une cérémonie de nomination. La richesse ne valait que parce qu'elle circulait. Un chef se mesurait non à ce qu'il possédait, mais à ce qu'il donnait.
La Horse Dance — rejouer l'alliance avec le monde des esprits
Nous avons évoqué dans un précédent article la Horse Dance de Black Elk (Heȟáka Sápa). Il convient d'en explorer ici la dimension cérémonielle profonde.
Instruite par l'homme-médecine Black Road après que Black Elk lui eut révélé sa Grande Vision, la Horse Dance était une reconstitution publique de la vision spirituelle reçue par le jeune homme. Des cavaliers montés sur des chevaux des quatre couleurs — noir (ouest), blanc (nord), alezan (est) et isabelle (sud) — représentaient les forces des quatre directions. La cérémonie impliquait toute la communauté : chanteurs, danseurs, gardiens du cercle sacré.
La Horse Dance n'était pas une représentation. C'était une réactivation. En rejouer les images, c'était renouveler l'alliance entre la communauté lakota, le monde des chevaux et le Grand Mystère. Black Elk lui-même rapporte que l'anxiété qui le torturait depuis des années disparut à l'issue de la cérémonie. La Horse Dance ne l'avait pas simplement consacré homme-médecine — elle avait rendu sa vision réelle et opérante dans la communauté.
L'auteur John G. Neihardt, dans une lettre à son éditeur (1931), notait avec émerveillement que la Horse Dance n'avait été jouée que trois fois dans l'histoire des Lakotas, et jamais devant des Blancs : « C'est l'épisode le plus magnifique de la vision. Aucun ethnologue n'en a jamais entendu parler. »
La Ghost Dance — quand la cérémonie invoque le retour des chevaux
Si la Horse Dance de Black Elk était une cérémonie personnelle et communautaire de renouvellement, la Ghost Dance — le Mouvement des Esprits — fut la plus grande expression collective de résistance spirituelle des nations des Plaines, et le cheval en était au cœur.
En 1889, le prophète paiute Wovoka (Jack Wilson) reçut une vision lors d'une éclipse solaire : si les nations dansaient la danse des esprits avec sincérité, la terre se renouvellerait, les Blancs disparaîtraient, les morts ressusciteraient — et les grands troupeaux de bisons et les chevaux sauvages reviendraient. Pour les Lakotas sur leurs réserves, privés de leur liberté de mouvement et de leur culture équestre, cette promesse était bouleversante. Le retour des chevaux sauvages n'était pas une métaphore — c'était la promesse d'un monde entier.
La Ghost Dance se propagea comme une traînée de poudre. Les Lakotas envoyèrent des émissaires — Kicking Bear et Short Bull — rencontrer Wovoka en personne. À leur retour, ils enseignèrent la danse sur les réserves. Des milliers de personnes dansèrent dans les réserves des Dakotas, du Wyoming et du Montana tout au long de l'année 1890. Femmes, hommes et enfants dansaient ensemble, à égalité — la Ghost Dance n'avait pas de genre : elle avait une espérance. Les gouverneurs de réserves américains, terrifiés, demandèrent l'intervention militaire.
Le 29 décembre 1890, les soldats du 7e de Cavalerie massacrèrent plus de 250 Lakotas à Wounded Knee — hommes, femmes et enfants, dont la majorité étaient désarmés. La Ghost Dance sembla mourir avec eux. Mais la vision du retour des chevaux libres — elle — ne s'éteignit jamais complètement.
La médecine du cheval — soigner comme on se soigne
L'une des révélations les plus saisissantes du rapport autochtone au cheval est la similitude entre la médecine humaine et la médecine équine dans les nations des Plaines. Ce n'est pas un hasard — c'est la conséquence directe d'une vision du monde où l'homme et le cheval partagent le même statut d'êtres vivants, dotés d'un esprit et susceptibles des mêmes déséquilibres.
Le Journal Agriculture and Human Values (Springer) l'établit clairement dans une étude académique de référence : « Parce que les nations des Plaines percevaient les hommes et les animaux comme étroitement apparentés, les thérapies médicales et les régimes préventifs se chevauchaient souvent entre pratique humaine et vétérinaire. » Les chevaux, comme les hommes, pouvaient posséder une connaissance utile dans le domaine de la guérison. La réciprocité entre l'humanité et la nature s'exprimait par les pouvoirs de guérison interactifs des hommes et des chevaux.
Concrètement, des plantes utilisées sur les humains soignaient aussi les chevaux. L'Artemisia ludoviciana (armoise), utilisée par les Ojibwas, traitait les chevaux autant que les guerriers. L'Echinacea angustifolia était utilisée en fumigation pour soigner la morve chez les chevaux. Le grand séneçon et d'autres plantes odoriférantes servaient de répulsifs contre les insectes. ScienceDirect documente ces pratiques dans plusieurs nations des Plaines et du Plateau.
Chez les Lakotas, une médecine équine spécifique est attestée par Loretta Afraid of Bear-Cook : une fois le cheval mort, un os particulier de la jambe — reconnaissable à sa forme circulaire — était prélevé, séché, et porté derrière l'oreille par le chef ou le guerrier. Cette horse medicine (médecine du cheval) était invoquée dans toute situation exigeant une puissance particulière — spirituelle ou physique. Parmi ses utilisateurs connus : Crazy Horse lui-même.
Les cérémonies de guérison par le cheval
Si la médecine équine traitait le corps des chevaux avec les mêmes plantes que les hommes, une autre tradition allait plus loin : le cheval lui-même pouvait guérir les humains.
Cette croyance reposait sur la conviction que le cheval, en tant qu'être wakan doté d'une âme (Wamaka Nagi), possédait une énergie de guérison propre. Le Musée national des Amérindiens (Smithsonian) le formule explicitement : les chevaux étaient perçus comme des « incarnations de beauté, d'énergie et de pouvoir de guérison », et leurs images sur les objets cérémoniels représentaient cette connexion spirituelle.
Certains objets rituels — comme les parfleches de médecine équine des Piikuni (Pieds-Noirs) — étaient spécifiquement conçus pour cette double fonction. L'artiste piikuni Jackie Bread, invitée par le conservateur Emil Her Many Horses à reproduire de tels parfleches pour l'exposition A Song for the Horse Nation, refusa : ces objets avaient été donnés à des individus précis par des esprits ou par transmission cérémonielle, et seuls ceux qui avaient reçu ce droit pouvaient les produire. La puissance de guérison du cheval n'était pas un concept général — c'était un don particulier, transmis dans des conditions rituelles précises.
Chez les Oglalas Lakotas, simplement être en présence d'un cheval, le toucher, l'étriller, lui parler, était reconnu comme une forme de restauration de l'équilibre intérieur. La tradition orale enseigne que les guerriers blessés ou en deuil étaient encouragés à passer du temps avec leurs chevaux pour retrouver leur force spirituelle et leur équilibre. Le cheval n'était pas un outil thérapeutique. Il était un proche qui guérissait par sa seule présence.
L'art équestre — honorer le cheval dans la matière
La vie rituelle du cheval se prolongeait dans l'art cérémoniel — une forme de mémoire matérielle qui permettait d'honorer le cheval au-delà de sa mort.
Des effigies de chevaux étaient sculptées sur les pommaux de selles, les miroirs de danse, les pipes et les bourses cérémonielles. Chez les Oglalas et les Hunkpapas, des effigies étaient taillées pour rejouer les coups (coup) lors des danses de victoire, ou emportées par les voleurs de chevaux comme protection spirituelle, ou encore conservées comme mémoriaux de certains chevaux extraordinaires. Le NMAI conserve notamment le bâton de danse de No Two Horns (Hunkpapa Lakota, vers 1890), créé pour honorer son cheval bien-aimé mort à la bataille de Little Bighorn. La fiche d'exposition du NMAI précise que ce cheval avait subi six blessures au combat — représentées par des triangles rouges sur le bâton — et qu'il avait néanmoins porté No Two Horns jusqu'à la victoire.
Le crin de cheval tenait une place particulière dans les objets cérémoniels. Emil Her Many Horses (Oglala Lakota), conservateur du NMAI, le note explicitement : « Le crin sur de nombreuses chemises guerrières était fréquemment prélevé sur des chevaux bien-aimés, parce que porter une mèche de crin, c'était conserver en soi une part de la puissance de sa source. » La mort du cheval ne rompait pas le lien — elle le condensait dans l'objet cérémoniel. Le guerrier portait ainsi son cheval sur lui, dans le combat et dans la vie.
Les Apsáalookes (Crows) ont particulièrement excellé dans l'art de la parure cérémonielle équestre, maintenant cette tradition vivante jusqu'à aujourd'hui. Le NMAI documente leurs harnachements entièrement brodés de perles — têtières ornées de plumes de hibou, de cornes de bison, de piquants de porc-épic et d'hermine — qui transformaient le cheval en être sacré visible de tous. La Crow Fair Parade (Crow Agency, Montana) est l'une des plus grandes célébrations équestres et culturelles autochtones d'Amérique du Nord : des centaines de chevaux y paradent en tenue cérémonielle complète chaque année. En 2009, des représentants de la Nation Apsáalooke montèrent à cheval lors du défilé d'investiture du Président Barack Obama — une parure traditionnelle portée dans la capitale du pays qui avait tenté d'effacer leur culture.
La Nation Crow a aussi porté une figure équestre féminine d'exception : Bíawacheeitchish — connue sous le nom de Woman Chief et peut-être aussi sous celui de Pine Leaf dans les mémoires controversés du trappeur James Beckwourth. Née dans la nation Gros Ventre, capturée par les Crows entre dix et douze ans, elle fut élevée par un guerrier crow qui l'encouragea dans les activités masculines. Elle devint une guerrière et une chasseuse hors pair, se distingua à de nombreuses reprises au combat, et s'éleva jusqu'à la troisième place au Conseil des chefs parmi cent soixante lodges. Son ascension — dans une société essentiellement patriarcale — fut rendue possible par une chose : la maîtrise du cheval. Sans cette maîtrise, son histoire n'aurait pas existé.
Des masques de chevaux élaborés — brodés de perles, ornés de plumes — habillaient les chevaux lors des grandes parades et cérémonies. Un masque piikuni (Pieds-Noirs, vers 1830–1860) conservé au NMAI est décrit par les conservateurs en ces termes : « Imaginez un cheval portant ce masque et chargeant vers vous — vous pouvez apprécier à quel point ce couvre-chef était puissant et totalement transformateur. » Des ornements de sabots en perles et plumes complétaient cette parure cérémonielle.
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsque le gouvernement américain interdit les pratiques cérémonielles des nations autochtones, ces traditions se maintinrent en se glissant dans les célébrations du 4 juillet — la résistance culturelle prenant le masque de la fête nationale américaine.
Ce que les rites révèlent
Les rites équestres autochtones révèlent une vérité que la civilisation occidentale a eu du mal à concevoir : un être peut être à la fois utile et sacré. Le cheval servait à la chasse, à la guerre, aux déplacements — et il était honoré dans les danses, guéri avec les mêmes plantes que les hommes, commémoré dans l'art, promis, donné, chanté.
Cette coexistence n'était pas une contradiction. Elle était la conséquence naturelle d'une vision du monde où l'utilité n'efface pas la dignité. Où un être qui aide mérite d'être honoré. Où la mort d'un cheval bien-aimé justifie un bâton de danse orné de ses propres couleurs, porté en cérémonie des années après sa disparition.
Ce n'est pas du sentimentalisme. C'est de la cohérence — la même cohérence philosophique que nous avons retrouvée dans les méthodes de capture, dans les aides naturelles, dans le langage du corps. Une culture qui pense le cheval comme un être lui rend les honneurs dus à un être.
Sources
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National Museum of the American Indian (Smithsonian) — « A Song for the Horse Nation — Lakota Parade Regalia » https://americanindian.si.edu/exhibitions/horsenation/lakota.html
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Sioux Replications — « The Indian Horse » https://www.siouxreplications.com/museum-articles-2/2020/5/22/the-indian-horse
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Yes Magazine — « The Shared History Between Wild Horses and Indigenous People » https://www.yesmagazine.org/environment/2020/04/27/native-horses-indigenous-history
Springer / Agriculture and Human Values — « Human and Horse Medicine Among Some Native American Groups » https://link.springer.com/article/10.1023/A:1007435127529
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Neihardt Project — « Letter from John G. Neihardt to William Morrow (juin 1931) » https://neihardt.unl.edu/content/nei.j4c.15.45-47.html
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OldWest.org — « 7 Facts About Cheyenne Dog Soldiers » https://www.oldwest.org/cheyenne-dog-soldiers/
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National Museum of the American Indian (Smithsonian) — « A Song for the Horse Nation — Crow Fair Parade » https://americanindian.si.edu/exhibitions/horsenation/crowfair.html
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National Museum of the American Indian Blog — « Travels Through the Horse Culture » https://blog.nmai.si.edu/main/2011/10/travels-through-the-horse-culture.html
Legends of America — « The Ghost Dance » https://www.legendsofamerica.com/na-ghostdance/
World History Encyclopedia — « Ghost Dance » https://www.worldhistory.org/Ghost_Dance/
National Geographic — « This Native American Dance Started a Movement » https://www.nationalgeographic.com/history/article/wounded-knee-native-american-ghost-dance
North Dakota Studies — « Section 7 : The Ghost Dance » https://www.ndstudies.gov/gr8/content/unit-iii-waves-development-1861-1920/lesson-4-alliances-and-conflicts/topic-2-defending-lakota-homelands/section-7-ghost-dance
EBSCO Research Starters — « Analysis: The Ghost Dance Among the Lakota » https://www.ebsco.com/research-starters/dance/analysis-ghost-dance-among-lakota
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Montana Women's History — « Nineteenth-Century Indigenous Women Warriors » https://montanawomenshistory.org/nineteenth-century-indigenous-women-warriors/
AAA Native Arts — « Cheyenne Warrior Societies » https://www.aaanativearts.com/cheyenne-warrior-societies
Grokipedia — « Dog Soldiers » https://grokipedia.com/page/Dog_Soldiers
Wikipédia anglophone — « Buffalo Calf Road Woman » https://en.wikipedia.org/wiki/Buffalo_Calf_Road_Woman
Wikipédia francophone — « Buffalo Calf Road Woman » https://fr.wikipedia.org/wiki/Buffalo_Calf_Road_Woman
Wikipédia anglophone — « Woman Chief » https://en.wikipedia.org/wiki/Woman_Chief
Références bibliographiques
John C. Ewers — « The Horse in Blackfoot Indian Culture » (U.S. Government Printing Office, 1955)
Clark Wissler — « Societies and Ceremonial Associations in the Oglala Division of the Teton Dakota » (American Museum of Natural History, 1912)
John G. Neihardt — « Black Elk Speaks » (1932 / University of Nebraska Press, édition complète 2014)
George A. Dorsey — « The Cheyenne Ceremonial Organization » (Field Columbian Museum, 1905)
