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Les instruments de la country music

Le son n'est jamais donné

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On croit connaître le son de la country : un fiddle qui pleure, une guitare qui claque, une steel qui glisse d'une note à l'autre. Mais ce son-là n'est pas tombé du ciel un beau matin : il a été fabriqué, pièce par pièce, sur plus d'un siècle, par des mains qui n'ont jamais cessé d'importer, de bricoler, d'électrifier et de réinventer. La country n'a pas un son : elle a une boîte à outils qui n'a fait que grossir et se transformer, génération après génération.

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Ce voyage-ci se lit donc dans l'ordre du temps. Il commence là où la country n'existait pas encore, quand tout son instrumentarium était acoustique et venu d'ailleurs : le fiddle des îles Britanniques, le banjo d'Afrique, l'accordéon d'Allemagne, la steel de Hawaï. Une véritable carte du monde, posée sur une véranda du Sud.

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Puis vient le premier disque, en 1922, et tout s'accélère. Pour percer le vacarme des bals et des bars, on cherche le volume : on loge des cônes de métal dans les guitares, puis on branche l'électricité. La guitare devient tranchante, la steel se met à pleurer sous ses pédales, la batterie force les portes qu'on lui fermait. Chaque décennie apporte sa rupture : le grand orchestre du western swing, le dépouillement du bluegrass, le velours de Nashville, le grain de Bakersfield, et bientôt les machines qui remplacent les musiciens.

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Car c'est là le fil secret de cette histoire : à chaque outil nouveau, la country se redemande ce qu'elle est. La guitare électrique, la batterie, les cordes de studio, la boîte à rythmes : toutes ont d'abord été suspectes, accusées de trahir l'âme du genre, avant de devenir, à leur tour, des classiques. Le débat entre tradition et modernité n'est pas un accident de la country : il en est le moteur.

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Et parce que l'Ouest n'a pas de frontières, cette histoire est celle d'un grand métissage : le rythme africain dans l'archet du fiddle, le blues noir dans le cri de la Telecaster, le gospel dans les chœurs, le hip-hop dans le beat d'aujourd'hui. À chaque époque, la country a emprunté à ceux qu'on n'attendait pas, et ce sont souvent les oubliés qui lui ont donné ses plus beaux instruments.

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De la calebasse d'un esclave à la boîte à rythmes d'un studio de Nashville, Tennessee, voici donc cent ans de lutherie : l'histoire de tout ce que la country a tenu entre les mains pour dire trois accords et la vérité.

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✦ Cette série se lit dans l'ordre du temps, d'un bout à l'autre, mais chaque portrait d'instrument se tient aussi seul. Suivez le fil du siècle, ou celui de votre curiosité.

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