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Le cheval et l'esprit

La philosophie autochtone

Le cheval et l'esprit

Il y a deux façons de regarder un cheval.

La première, héritée de la tradition occidentale, voit un animal à domestiquer — un outil de labour, de guerre, de transport. Utile. Maîtrisable. Subordonné.

La seconde appartient aux nations autochtones des Grandes Plaines. Quand les Lakotas découvrent le cheval au tournant du XVIIe siècle, ils lui donnent un nom révélateur : Šúŋka Wakȟáŋ — le chien sacré, le chien mystérieux. Le mot wakȟáŋ est le même que celui qui désigne le Grand Mystère, le sacré qui réside en toute chose dans leur cosmologie. Les Pieds-Noirs parlent du Ponokamita — le chien-élan venu des esprits. Les Comanches l'appellent God Dog — le Chien-Dieu.

Un nom, et déjà tout est dit : cet animal n'est pas un outil. C'est un être.

Pour les peuples des Plaines, le cheval n'est pas une ressource à exploiter, mais un parent, un allié, un messager du monde spirituel. Cette vision — profondément différente de tout ce que l'Occident a pensé du cheval — a engendré des pratiques, des cérémonies et une philosophie de la relation équestre d'une richesse extraordinaire.

C'est cette philosophie que cette série explore. Non pas l'histoire de l'adoption du cheval par les nations autochtones — traitée dans notre série Les peuples autochtones et le cheval — mais le regard, la cosmologie, la façon de penser et de vivre le lien entre l'homme et le cheval comme un lien vivant, réciproque et sacré.

Du Šúŋka Wakȟáŋ des Lakotas aux rites de peinture de guerre, de la capture sans contrainte aux sociétés guerrières, jusqu'à l'héritage que ce savoir a transmis au natural horsemanship contemporain.

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