Les femmes du western
de l'ombre à l'arène

Le cowboy est une figure masculine. C'est du moins ce que le cinéma, les romans à dix sous et les Wild West Shows ont décidé, dès la fin du XIXe siècle. Cette image a si bien pris que l'on a fini par croire que les femmes n'avaient été que des silhouettes dans le décor de l'Ouest américain : des épouses à la fenêtre, des figurantes en jupe longue.
Les archives racontent autre chose.
Des femmes ont administré des ranchos de plusieurs milliers d'hectares sous la loi espagnole, conduit des troupeaux sous leur propre marque jusqu'au Kansas, remporté des championnats de bronc riding à Madison Square Garden et au Pendleton Round-Up. Elles ont été applaudies dans les mêmes arènes que les hommes, à Londres comme à Sydney, puis écartées, non par manque de talent, mais par décision institutionnelle. Et elles se sont organisées pour revenir.
De la vaquera hispanique à la championne de barrel racing, en passant par celles que l'on a effacées deux fois (parce qu'elles étaient femmes, et noires, ou mexicaines, ou autochtones), cette série suit une même trajectoire : l'émergence, l'âge d'or, l'exclusion, la reconquête.
L'histoire n'a pas oublié ces femmes. Elle les a mises de côté avec méthode. Il est temps de les remettre en selle.




